Où trouver des cèpes dans le Pays de la Loire ?

De magnifiques cèpes de Bordeaux fraîchement récoltés, le trésor gourmand des forêts ligériennes en automne.

La région Pays de la Loire regorge de forêts où poussent les cèpes, ces délicieux champignons prisés des gourmets. Avec ses sols globalement acides favorables aux espèces comme le cèpe de Bordeaux et la diversité de ses massifs forestiers, chaque département ligérien offre des coins propices à la cueillette en saison. Principalement à l’automne, après les premières pluies, les sous-bois de la région voient affluer de nombreux cueilleurs en quête de bolets bien cachés. Voici, département par département, une sélection de forêts où vous aurez le plus de chances de remplir votre panier de cèpes, tout en respectant la nature et la réglementation.

Retrouvez tous les départements Français pour trouver des cèpes

Loire-Atlantique (44) : les forêts à cèpes incontournables

Forêt du Gâvre

La forêt domaniale du Gâvre, au nord de Nantes, est la plus vaste du département (4 460 hectares) et un haut lieu de la cueillette. Réputée comme un endroit idéal pour récolter des champignons, elle abrite de nombreuses espèces mycologiques dont une belle population de cèpes. Son sol acide et ses chênaies-châtaigneraies offrent des conditions idéales à ces bolets. Chaque automne, les amateurs s’y pressent dès l’ouverture des accès (généralement 9h) afin de profiter des meilleurs emplacements sans rentrer bredouilles. En effet, “la forêt de Gâvre promet la trouvaille de multiples espèces”, y compris des cèpes de Bordeaux, avec plus de 17 variétés de champignons comestibles répertoriées sur place.

Forêt de Princé (Pays de Retz)

Au sud du département, dans le Pays de Retz, le petit massif de Princé à Chaumes-en-Retz est connu des cueilleurs locaux pour ses cèpes… au point d’y avoir instauré un permis de cueillette. En effet, cette forêt privée de 220 ha a mis en place une association de propriétaires délivrant un nombre limité de permis annuels (70 maximum) afin de préserver l’environnement face à l’afflux de ramasseurs de girolles et de cèpes. « Pour préserver l’environnement, les amateurs de la chair souple des girolles ou des lourds chapeaux des cèpes doivent souscrire à un permis de cueillette », explique un article du Figaro. Ce fonctionnement original témoigne de la richesse en champignons de ce bois privé prisé, tout en rappelant que le respect des règles locales est impératif. Hormis Princé, d’autres forêts plus accessibles comme le bois de Touffou ou les bosquets du Sillon de Bretagne peuvent receler quelques cèpes, mais ils sont souvent moins productifs que le Gâvre. En Loire-Atlantique, la clé du succès reste de cibler les massifs de feuillus anciens et humides, où le cèpe aime se cacher sous la mousse et les fougères.

Maine-et-Loire (49) : l’Anjou et ses chênaies propices

Forêt de Chandelais

Au cœur de l’Anjou, la forêt domaniale de Chandelais (près de Baugé) est un site incontournable pour les amoureux de champignons. Il s’agit du plus grand massif forestier du département (environ 1 030 ha), composé majoritairement de chênes et de hêtres. Cette ancienne forêt royale, très diversifiée, abrite “une remarquable faune forestière et une grande variété de champignons”. Parmi eux, on trouve bien sûr des cèpes de Bordeaux en saison, profitant des sols acides du Baugeois. Les sous-bois de Chandelais sont réputés pour leurs bolets chaque automne – on y ramasse aussi girolles, coulemelles ou cèpes bronzés selon la météo. Une balade sur ses sentiers ombragés à la fin de l’été pourra donc se révéler fructueuse pour qui connaît les bons coins.

Forêt de Longuenée

Au nord d’Angers, la forêt domaniale de Longuenée (environ 600 ha) est un autre spot mycologique de premier plan en Maine-et-Loire. Ce massif abrite une biodiversité exceptionnelle : plus de 500 espèces de champignons y ont été recensées aux côtés d’une faune riche (sangliers, chevreuils, etc.). Autant dire que les cèpes y trouvent leur bonheur ! Le sol y est acide et frais, couvert par endroits de châtaigniers et de chênes qui sont des arbres hôtes appréciés des cèpes. En automne, de nombreux cueilleurs arpentent Longuenée à la recherche de cèpes, de girolles ou de pieds-de-mouton. Ses allées forestières faciles d’accès en font un lieu privilégié pour une sortie champignon en famille. N’hésitez pas à explorer les abords de l’étang de Longuenée et les parcelles de feuillus matures : les cèpes aiment pousser près des vieilles souches et clairières moussues.

(D’autres bois du Maine-et-Loire, plus petits mais intéressants, peuvent également donner des cèpes, par exemple la forêt de Beaulieu près de Cholet ou le bois de Brissac dans les coteaux du Layon. Toutefois, ces sites sont moins connus et leurs “coins” sont jalousement gardés par les habitués.)

Mayenne (53) : de petits massifs généreux en bolets

Forêt de Bellebranche

La Mayenne est un département moins boisé, mais certains massifs tirent leur épingle du jeu pour la cueillette des cèpes. La forêt domaniale de Bellebranche, au sud de la Mayenne (du côté de Saint-Brice/Grez-en-Bouère), en est un bon exemple. Ce bois d’environ 300 ha, ancien domaine monastique, est aujourd’hui géré par l’ONF et réputé pour ses champignons. Il fait d’ailleurs l’objet de restrictions de cueillette les jours de chasse : “en Mayenne (forêt de Sillé, Bellebranche, Bois-Picot), la cueillette des champignons est interdite tous les jeudis du 1er juin au 28 février” selon un arrêté préfectoral. Cela indique une présence significative de ramasseurs et de champignons. Le sous-bois de Bellebranche, composé de chênes, hêtres et pins, abrite des cèpes de Bordeaux dès la fin de l’été si la pluie et la chaleur ont été au rendez-vous. Les locaux apprécient ce coin tranquille pour dénicher quelques beaux spécimens, souvent à l’ombre des vieilles chênaies.

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Bois de Picot

À deux pas de Laval, le bois de l’Huisserie – également appelé Bois de Picot sur la commune de Saint-Ouën-des-Toits – est un autre lieu de promenade mycologique bien connu en Mayenne. Ce petit massif périurbain est très fréquenté à l’automne par les Mayennais en quête de girolles, de chanterelles et bien sûr de cèpes. Une photo publiée par Ouest-France montrait d’ailleurs une belle récolte dans le bois de Picot, preuve que “les coins à champignons en Mayenne ne sont pas un mythe”. Le Bois de l’Huisserie est aménagé pour la balade, avec étang et sentiers, ce qui permet de combiner plaisir de la marche et cueillette. Cherchez les cèpes sous les chênes et les charmes, dans les zones moussues loin des allées principales. Comme ailleurs, notez que la cueillette y est réglementée (interdite le jeudi pour laisser la forêt se reposer, d’après les panneaux sur site). Avec un peu de chance, vous repartirez de ce bois proche de Laval avec quelques cèpes bien fermes à faire sauter à la poêle.

(Enfin, dans le nord-est du département, la forêt de la Charnie – partagée avec la Sarthe voisine – mérite une mention. Bien que majoritairement privée, ce vaste ensemble forestier à cheval sur les deux départements abrite des cèpes dans ses zones de feuillus. Les habitués de Sainte-Suzanne-et-Chammes connaissent bien ces recoins discrets de la Grande Charnie, mais la prudence s’impose car toutes les parcelles ne sont pas en accès libre.)

Sarthe (72) : vieux chênes et forêts d’exception

Forêt de Bercé

Véritable cathédrale de verdure au sud de la Sarthe, la forêt de Bercé (5 400 ha vers Jupilles) est célèbre pour ses chênes centenaires et ses champignons. Classée “Forêt d’Exception”, Bercé présente une incroyable diversité mycologique : plus de 1 000 espèces de champignons y sont répertoriées – un record régional – et parmi elles de superbes cèpes de Bordeaux à chaque automne. Autrefois, la récolte de cèpes y était si abondante qu’elle faisait vivre des familles entières, comme le racontent les archives locales. Aujourd’hui encore, de nombreux Sarthois arpentent Bercé en septembre-octobre pour dénicher cèpes, bolets et autres girolles entre les fougères. Les meilleurs endroits se situent souvent en lisière des futaies de chênes sessiles, là où la lumière filtre juste ce qu’il faut et où le sol reste humide. Attention toutefois, la cueillette en forêt domaniale de Bercé est très réglementée (quantité limitée et interdiction de ramasser le jeudi, voir encadré sur la réglementation) afin de préserver ce milieu exceptionnel. N’hésitez pas à visiter la Maison de l’Homme et de la Forêt à Jupilles (Carnuta) pour en apprendre davantage sur l’écosystème de Bercé avant votre sortie.

Forêt de Perseigne

Au nord de la Sarthe, la forêt de Perseigne (environ 5 000 ha, à cheval sur le Maine Saosnois et le Perche sarthois) offre elle aussi de belles opportunités de cueillette. Composée de chênes et de hêtres sur des collines culminant à 340 m (au Belvédère de Perseigne), cette forêt domaniale est prisée en automne. “A l’automne, ce sont les amateurs de champignons qui se régalent en allant à la chasse aux cèpes, girolles, pieds-de-mouton ou chanterelles” en Perseigne, souligne un descriptif communal. Il n’est pas rare, lors d’une promenade sur ses sentiers vallonnés, de croiser des cueilleurs chargés de quelques beaux cèpes. Les coins à cèpes se nichent surtout dans les zones feuillues de Perseigne, en particulier autour des anciennes coupes où les jeunes chênes et hêtres côtoient des pins sylvestres – un mélange d’essences apprécié par les bolets. Comme dans toutes les forêts publiques sarthoises, on rappelle que la cueillette est tolérée pour une consommation familiale (5 litres par personne max), et interdite le jeudi (jour de chasse). Perseigne est un lieu idéal pour une sortie mycologique en famille, d’autant qu’elle offre des infrastructures (chemins balisés, belvédère panoramique) pour agrémenter la balade.

(À noter : la Sarthe compte d’autres massifs intéressants, tels que la forêt de Sillé-le-Guillaume à l’ouest, ou la Petite Charnie près de Tennie. Ces forêts domaniales abritent elles aussi des cèpes, bien que la pression de cueillette y soit forte les week-ends. Renseignez-vous sur les jours et horaires autorisés – par exemple, en forêt de Sillé et de Charnie, pas de cueillette le jeudi après 9h – avant de partir explorer ces bois.)

Vendée (85) : du bocage au littoral, des coins à cèpes variés

Deux paniers bien remplis de cèpes, girolles et autres champignons vendéens cueillis en respectant les bonnes pratiques.

Forêt de Mervent-Vouvant

La forêt de Mervent-Vouvant, située au sud-est de la Vendée, est la plus grande du département (5 500 ha) et sans conteste le spot numéro 1 pour les amateurs de cèpes. Cet immense massif de chênes et de hêtres, bordé par des lacs, offre un habitat idéal pour les cèpes de Bordeaux. “Les plus fins stratèges savent que c’est bien dans la forêt de Mervent que les meilleurs coins à champignons se trouvent” assure même le président de la Société mycologique locale. En automne, après quelques pluies, on peut y trouver de beaux cèpes bien dodus, souvent cachés au pied des chênes ou des châtaigniers. Les secteurs proches de la rivière Mère et des vallons ombragés sont particulièrement fertiles. La cueillette y est autorisée dans la limite de 5 litres par personne comme ailleurs, et la pression est forte les week-ends tant le site est connu – mieux vaut y aller en semaine ou tôt le matin. Mervent est un passage obligé pour tout cueilleur vendéen en quête de cèpes.

Forêt de l’Herbergement

Plus modeste en taille, la forêt de l’Herbergement (au nord de la Roche-sur-Yon, vers les Brouzils) est un secret bien gardé des mycophiles vendéens. Ce bois communal d’environ 300 ha est moins connu du grand public, mais il fait partie des lieux où l’on trouve les plus beaux cèpes du département. Son sol calcaire sur certaines parcelles favorise aussi d’autres espèces (comme l’oronge, ou amanite des Césars, signalée en forêt de l’Herbergement). Les habitués conseillent d’explorer les zones mixtes où alternent feuillus et résineux, et de bien scruter les fougères desséchées : les cèpes aiment s’y camoufler. Bien que de taille modeste, la forêt de l’Herbergement a la réputation de donner de belles pousses de cèpes en octobre, pour qui sait se montrer discret et respectueux (les propriétaires privés voisins veillent à la tranquillité du site).

Forêt d’Aizenay

La forêt domaniale d’Aizenay (près de 1 250 ha), au nord-ouest de La Roche-sur-Yon, est un autre lieu de cueillette apprécié en Vendée. “La Forêt d’Aizenay […] est un site prisé pour la cueillette de cèpes, girolles et chanterelles”, confirme un guide nature régional. Constituée essentiellement de pins maritimes, chênes verts et châtaigniers sur sol sableux acide, elle abrite une belle variété de champignons. Les cèpes de Bordeaux y poussent généralement à la fin de l’été et en automne, souvent en lisière des pare-feux ou près des châtaigniers. Les vendéens la parcourent volontiers en septembre pour allier promenade et cueillette – attention cependant aux zones protégées (une partie est classée réserve écologique, où la cueillette peut être restreinte). Selon un article départemental, “la forêt d’Aizenay […] est un des exemples” de forêts offrant de bons coins à champignons en Vendée. Si vous débutez, cette forêt bien aménagée est idéale pour se faire la main et apprendre à reconnaître les cèpes parmi d’autres bolets.

Forêt d’Olonne

Sur le littoral vendéen, la forêt d’Olonne (750 ha de pins maritimes et chênes verts, près des Sables-d’Olonne) peut surprendre par sa production de champignons. Malgré l’air salin tout proche, ce massif dunaire abrite lui aussi des cèpes, notamment dans les zones de transition où poussent quelques feuillus. Les locaux y trouvent aussi des espèces plus inhabituelles “hors du commun” grâce aux sols sableux calcaires, par exemple des amanites des Césars (oronges) ou des truffes de sable, très localisées. Pour les cèpes, ciblez les parties les plus anciennes de la forêt d’Olonne, là où le couvert est dense et le sol tapissé d’aiguilles de pin : avec un peu d’humidité, on y voit parfois pointer de jolis cèpes bronzés à chapeau sombre. Bien que moins productive que Mervent ou Aizenay, la forêt d’Olonne offre le plaisir unique de la cueillette les pieds dans le sable, avec l’océan tout proche. Une expérience à tenter pour les cueilleurs curieux, en veillant à respecter la fragilité de ce milieu dunaire.

Conseils pratiques et réglementation

La cueillette des champignons est un plaisir, à condition de respecter certaines règles de bonne conduite. D’abord, assurez-vous d’avoir l’autorisation : en forêt domaniale (publique), la cueillette en faible quantité pour consommation personnelle est tolérée, tandis qu’en forêt privée il vous faut l’accord du propriétaire (sous peine de sanction pour vol de récolte). Dans tous les cas, ramassez avec modération : l’Office National des Forêts recommande de ne pas dépasser 5 litres de champignons par personne (un panier moyen) par sortie. Au-delà, vous risquez une amende pour cueillette excessive. En groupe de plusieurs, limitez-vous à ~10 L maximum. La vente des champignons cueillis par des particuliers est strictement interdite – vos cèpes sont destinés à la dégustation familiale uniquement. Pensez aussi à protéger l’écosystème : ne retournez pas tout le sous-bois avec un bâton (les outils type râteau sont prohibés), contentez-vous de couper le cèpe proprement au couteau ou de le dévisser délicatement. Ne cueillez que les champignons que vous savez être comestibles et en bon état, et laissez sur place les trop petits spécimens afin qu’ils arrivent à maturité (et libèrent leurs spores). Enfin, informez-vous sur les jours de chasse : beaucoup de forêts en Pays de la Loire interdisent l’accès aux cueilleurs un jour par semaine (souvent le jeudi) en saison de chasse, pour des raisons de sécurité et de repos de la faune. Un cueilleur responsable est un cueilleur prudent !

En suivant ces conseils et en explorant les forêts ligériennes mentionnées ci-dessus, vous optimiserez vos chances de trouver de beaux cèpes dans le Pays de la Loire. Munissez-vous d’un panier en osier, de bonnes chaussures et d’un couteau, et partez à l’aube parcourir bruyères et taillis. Peut-être reviendrez-vous, comme bien d’autres passionnés chaque année, avec une récolte généreuse de cèpes parfumés – de quoi réjouir vos papilles tout en profitant des belles couleurs d’automne de nos forêts. Bonne cueillette et n’oubliez pas de respecter la nature lors de votre chasse aux cèpes !

Les informations de cet article s’appuient sur des publications récentes et des sources fiables telles que des sites institutionnels, des articles de presse et des guides spécialisés. Par exemple, l’abondance de cèpes en forêt du Gâvre est documentée par Vacances-Nature,, et la richesse mycologique de la forêt de Perseigne par un site local sarthois. Les recommandations en matière de cueillette proviennent notamment de l’ONF relayées par Ouest Magazine. Pour en savoir plus sur chaque forêt et sur la réglementation, consultez les liens et références fournies tout au long de l’article. Bonnes balades champêtres !